

Érard : le piano à queue historique qui a révolutionné la musique
Iiiiimpossible de passer à côté d’Érard. Maison légendaire française, fondée par Sébastien Érard en 1777, elle a littéralement transformé l’univers du piano à queue. Imaginez un peu : des innovations révolutionnaires qui ont permis aux plus grands virtuoses de s’exprimer pleinement, des instruments d’une qualité exceptionnelle qui résonnent encore aujourd’hui dans les salons et sur les scènes du monde entier. Pourquoi continuent-ils de fasciner pianistes, collectionneurs et mélomanes plus de deux siècles après leur création ?
- L’essentiel à retenir sur les pianos Érard
- L’histoire fascinante de la maison Érard
- Les différents modèles de pianos à queue Érard
- Les innovations techniques qui ont marqué l’histoire
- Acheter un piano à queue Érard aujourd’hui : fausse bonne idée
- L’entretien et la restauration : préserver un patrimoine
- Pourquoi les pianos Érard fascinent-ils encore ?
- Questions fréquentes sur les pianos Érard
L’essentiel à retenir sur les pianos Érard
- Innovation technique révolutionnaire : Érard a inventé le mécanisme à double échappement en 1821, permettant la répétition rapide des notes (utilisé sur TOUS les pianos à queue aujourd’hui).
- Instruments de légende : Maurice Ravel a composé ses concertos sur un piano à queue Érard modèle n°1 à cordes parallèles (les anciennes fabrications des pianos!)
- Valeur patrimoniale : Les pianos Érard d’époque se négocient aujourd’hui entre 0 et 15 000 euros selon leur état et leur rareté
- Héritage vivant : Bien qu’arrêtée en 1971, la production Érard influence encore la facture moderne
DISKLAIMER : Les pianos ERARD sont aujourd’hui de vieux (genre vieux vieux) instruments. Les acheter par amour de l’histoire de la musique, c’est oui. Les acheter par amour du meuble ou de la marque, c’est oui. Les acheter en pensant qu’ils sont encore bon à utiliser pour 50 ans, c’est non.
L’histoire fascinante de la maison Érard
Tout commence avec Sébastien Érard, un jeune Alsacien passionné de mécanique qui débarque à Paris en 1768. Ce génie de l’innovation ne se contente pas de fabriquer des instruments : il les repense complètement. Son premier piano carré, construit en 1777, annonce déjà la couleur. Mais c’est vraiment avec son neveu Pierre Érard que la maison prend son envol.
Pierre hérite de l’entreprise familiale et pousse l’innovation encore plus loin. En 1821, il met au point le fameux mécanisme à double échappement qui va révolutionner l’art pianistique. Cette invention géniale permet aux pianistes de répéter une note sans relâcher complètement la touche – un avantage considérable pour les passages virtuoses !
La maison Érard ne se contente pas de fabriquer des pianos droits ou des pianos carrés. Elle développe toute une gamme de pianos à queue, du modeste quart de queue destiné aux salons bourgeois jusqu’aux imposants pianos de concert qui trônent dans les plus prestigieuses salles.

Les différents modèles de pianos à queue Érard
Chaque piano à queue Érard raconte une histoire. La maison a développé une nomenclature précise, avec des modèles numérotés qui correspondent à des tailles et des usages spécifiques.
Le Modèle n°1 : l’instrument de Maurice Ravel
Le piano plus emblématique ! Mesurant 2m12, ce demi-queue était l’instrument de prédilection des conservatoires. Maurice Ravel lui-même a composé ses concertos sur ce modèle à cordes parallèles. Produit de 1850 à 1931 à plus de 10 000 exemplaires, il représente l’excellence accessible de la marque.
Ce qui frappe chez ce piano, c’est sa sonorité claire et feutrée, typique de l’époque. Son toucher souple et léger en fait un compagnon idéal pour l’étude comme pour le concert.
Le Modèle n°2 : entre salon et concert
Avec ses 2m48, le modèle n°2 flirte déjà avec les dimensions des pianos de concert. Ce trois-quarts de queue, initialement appelé modèle n°4 jusqu’en 1864, offre une puissance sonore remarquable tout en conservant l’élégance des pianos de salon.
Sa production s’étale jusqu’en 1918, avec une évolution notable : les derniers modèles passent à 88 notes (contre 85 auparavant). C’est un instrument polyvalent qui convient aussi bien aux récitals intimistes qu’aux prestations plus ambitieuses.
Les pianos de concert : l’excellence d’époque
Les modèles n°3 et 3 bis représentent le summum de l’art Érard. Le modèle n°3, avec ses 2m55, était le piano de concert standard, équipé de 5 barres de renfort et d’un cadre métallique robuste. Mais c’est le modèle 3 bis qui impressionne le plus : 2m60 de longueur et, particularité unique, 90 notes au lieu des 88 habituelles !
Ces instruments d’exception étaient destinés aux plus grandes salles de concert. Leur sonorité puissante et brillante permettait de remplir les espaces les plus vastes.

Les innovations techniques qui ont marqué l’histoire
Érard ne s’est jamais contenté de suivre les tendances : la maison les a créées. Le mécanisme à double échappement de 1821 reste l’innovation la plus célèbre, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.
La fameuse « barre harmonique », brevetée en 1838, consolide la structure du piano et améliore particulièrement la tenue du sommier dans les aigus. Cette innovation technique se retrouve sur tous les grands modèles Érard et contribue à leur sonorité si particulière.
Les cordes parallèles, caractéristique des premiers modèles, cèdent progressivement la place aux cordes croisées à partir de 1917 sur certains modèles. Cette évolution permet d’optimiser la répartition des tensions et d’améliorer l’homogénéité sonore.
L’ébénisterie Érard mérite également d’être soulignée. Palissandre de Rio, acajou brillant, bois de rose : les essences nobles sont travaillées avec un raffinement exceptionnel. Certains modèles sur commande, comme ce 3 bis de 1925 plaqué de bois Vermeil avec bronzes dorés, relèvent carrément de l’art décoratif.

Acheter un piano à queue Érard aujourd’hui : fausse bonne idée
Acquérir un piano à queue Érard, c’est investir dans un morceau d’histoire musicale. Mais attention, les Érard, aujourd’hui c’est à minima 50 ans d’existence. Et si on salue le prestige de la marque dans l’âge d’or du piano, aujourd’hui le bois se fait vieux. Peu importe la restauration qui aura été faite, les fibres de bois ne se renouvellent pas. Quand c’est vieux, c’est vieux ; quand c’est mort c’est mort.
Retenez bien ces mots : un Érard, même restauré, ne tiendra pas dans le temps.
Oui ça fait polémique, oui ça peut décevoir mais aujourd’hui on décide de privilégier le devoir de conseil : ne les achetez plus (hormis en cas de collection auquel cas, ce sont des très belles pièces).
L’entretien et la restauration : préserver un patrimoine
Posséder un piano à queue Érard, c’est devenir le gardien d’un patrimoine exceptionnel. Ces instruments centenaires demandent des soins particuliers. Si on ne conseille pas de l’acheter, il n’en est pas moins que leurs propriétaires veulent pouvoir les garder sur du long terme. En ce sens, l’accord régulier reste primordial. Un Érard bien entretenu c’est un instrument accordé et dans une hygrométrie constante. Comme pour les neufs et d’autant plus précautionneusement, les variations brutales d’hygrométrie sont fatales.
Pour la restauration, ne choisissez que et uniquement les ateliers spécialisés dans les instruments anciens. La restauration complète d’un piano à queue Érard peut coûter entre 8 000 et 25 000 euros selon l’ampleur des travaux. L’investissement ne se justifie qu’en cas de valeur émotionnelle ou dans une optique de collection.

Pourquoi les pianos Érard fascinent-ils encore ?
Plus de cinquante ans après l’arrêt de la production (1971), les pianos à queue Érard continuent d’exercer une fascination particulière. S’ils sont passés de date, les pianistes qui ont eu la chance de jouer sur un Érard authentique décrivent souvent une expérience musicale incomparable. Certainement la touche d’un savoir-faire artisanal d’une époque où chaque instrument était unique, ajusté individuellement par des maîtres facteurs.
Ils ont accompagné les plus grands : Liszt, Chopin, Ravel… Jouer Érard, c’est un peu toucher du doigt cette histoire musicale extraordinaire.
Aujourd’hui, ces instruments trouvent une nouvelle jeunesse auprès des pianistes spécialisés dans l’interprétation historiquement informée. Jouer Ravel sur le même type de piano que le compositeur utilisait apporte une dimension supplémentaire à l’interprétation.
Questions fréquentes sur les pianos Érard
Comment reconnaître un vrai piano Érard ?
Un piano Érard authentique porte toujours sa plaque métallique avec le nom de la maison et le numéro de série. Ce numéro, généralement gravé sur le cadre métallique, permet de vérifier l’authenticité dans les registres Érard. Méfiez-vous des instruments sans numéro ou avec des plaques rapportées.
Quelle est la différence entre cordes parallèles et cordes croisées ?
Les premiers pianos Érard utilisaient des cordes parallèles, disposées dans le même sens que les touches. À partir de 1917, certains modèles adoptent les cordes croisées, où les cordes graves passent au-dessus des cordes aiguës. Cette disposition permet un meilleur équilibre sonore mais modifie le caractère de l’instrument.
Un piano Érard nécessite-t-il un entretien particulier ?
Encore une fois, nous vous conseillons ++ de vous abstenir d’en acheter. Toutefois en cas d’héritage etc, sachez qu’il ne nécessite pas d’entretien particulier.
Peut-on encore trouver des pièces détachées pour un piano Érard ?
Oui mais très difficilement. Les restaurations se font donc avec des pièces pas d’origine. Imaginez une Porsche avec un moteur de Clio… peut-on encore l’appeler Porsche ?
Quelle est la valeur d’un piano Érard aujourd’hui ?
Cela dépend énormément du modèle, de l’état et de l’authenticité. Un quart de queue à restaurer peut se trouver autour de 3 000 euros, tandis qu’un grand modèle parfaitement restauré peut atteindre 15 000 euros ou plus.


